• Un logiciel pour faire du sport ?

    Voici le topo : Le site d’actualités de triathlon Trimes vient de publier une interview de Karoly Spy, fondateur (si je ne me trompe pas) d’Innov Training, une entreprise de coaching sportif basée sur l’analyse des données chiffrées issues des entrainements réalisés par les athlètes. Pour résumer cette interview, Karoly Spy est sur le point de lancer un logiciel autonome pouvant analyser les données et donner le ou les meilleurs entrainements à faire.

     

    Le lien vers l’interview complète  :

    https://www.trimes.org/2017/09/karoly-spy-se-fait-trimer-la-revolution-coaching-par-lintelligence-artificielle-gutai/ 

     

    Alors voilà ce que j’en envie de faire aujourd’hui : Karoly Spy a répondu avec, je trouve, simplicité et honnêteté. De plus, son travail long de plus de deux ans est méritant, de par le simple fait qu’il a duré plus de deux ans. Je m’introduirai donc dans cette interview pour dire deux trois trucs, en veillant à être le plus respectueux possible du travail de cet homme. Go :

    Karoly Spy se fait trimer : La révolution coaching par l’intelligence artificielle (GUTAÏ).

     

    (Je me suis permis d’enlever le chapeau et la première question de l’interview. Elles sont moins intéressantes pour cet article. Elles sont lisibles sur le lien donné plus haut.) 

    Tu es d’ailleurs un coach assez reconnu en France pour ton approche scientifique, que signifie le passage de la structure de Ks Training chez Innov Training. Est-ce la fin du coaching particulier?  

    KS-Training a été la 1ère pierre de l’édifice qui m’a permis de rencontrer des personnes exceptionnelles. Un grand nombre d’athlètes qui m’ont aidé à affiner mon approche de l’entraînement et surtout à me rendre compte du manque qu’il y avait dans l’utilisation des datas (puissance, vitesse, FC …) pour améliorer la prise en charge de l’entraînement.

    ________________

    Il a tort ? Il a raison ? On s’en fiche. La chose intéressante, c’est que sa réponse est basée sur une certitude, sur un prérequis implicite qu’il admet sans le dire :

    L’analyse des données chiffrées peut améliorer la prise en charge de l’entrainement.

    C’est ce qu’il nous dit.

    ________________

    De là le projet de créer une structure plus importante a vu le jour avec la naissance d’Innov-Training, un laboratoire dont le but est d’améliorer les performances dans les sports d’endurance en utilisant toutes les données que nous offrent les sportstracker (GPS, cardio, capteur de puissance …).

    ________________

    De même ici : « Améliorer les performances dans les sports d’endurance en utilisant les données [de] GPS, cardio, capteur de puissance… »

    Le même prérequis, un peu différent :

    L’entrainement en sport d’endurance peut être amélioré par l’utilisation de données issues de GPS, cardio, capteur de puissance.

     

    Une petite digression : « Sportstracker » c’est le mot compliqué pour dire « appareil de mesure ». Mais « Appareil de mesure » ça fait beaucoup moins stylé.

    ________________

    Notre tout nouveau produit va ainsi permettre aux athlètes et aux coaches d’aller plus vite et plus en profondeur dans l’analyse de ces données. Donc pour répondre à ta question : ce n’est pas la fin du coaching individuel mais bien au contraire son développement et son expansion.

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    Vous avez compris le principe de mes remarques en rouge, je vais seulement mettre en évidence les prérequis de Karoly Spy :

    Un logiciel peut faire gagner du temps au entraineurs.

    Un logiciel peut mieux analyser les données qu’un entraineur « humain ».

    L’utilisation d’un logiciel va permettre l’expansion du coaching individuel.

    ________________

    Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce justement tout nouveau produit ? 

    Oui, il s’agit d’une application qui s’appelle GUTAI et qui a pour vocation d’optimiser l’entrainement et l’analyse de celui-ci aussi bien pour l’athlète que pour le coach.

    ________________

    Encore un prérequis :

    Un logiciel peut optimiser un entrainement.

    ________________

    Mais, en quoi vos outils seront vraiment différents de la concurrence ?  

    (…) Grâce à sa propre intelligence artificielle, GUTAÏ intègre et interprète la perspective la plus complète et la plus précise de la performance d’un athlète. L’application va alors pouvoir personnaliser chaque composante de sa préparation.

    ________________

    On arrive sur les prérequis les plus importants :

    Un logiciel peut fournir la perspective la plus complète de la performance.

    Un logiciel peut personnaliser un entrainement.

     

    Encore une petite digression : « Un logiciel peut fournir la perspective la plus complète de la performance », c’est la façon compliquée de dire : « Un logiciel peut dire si un entrainement a été bon ou non, et dans quelles mesures. »

    ________________

    GUTAÏ va dans les moindres détails de l’entraînement comme l’analyse des données environnementales (température, vent, humidité …) croisées avec les données objectives (Intensité, FC …).

    ________________

    Sûrement les prérequis le plus intéressants :

    Un logiciel peut prendre en compte les détails d’un entrainement.

    Il y a deux champs de détails : Ceux environnementaux (T°, vent, humidité) et ceux « humains » (Intensité, FC, watts…)

    ________________

    L’algorithme qui régit GUTAÏ croise les données objectives (Fréquence cardiaque) et subjectives (RPE – indice de difficulté de l’effort) pour suivre de manière précise l’adaptation de l’athlète à son entraînement. Les fonctionnalités de GUTAÏ sont nombreuses et vont continuer à se multiplier avec les prochaines versions.

    ________________

    Prérequis :

    Un logiciel est capable de savoir comment un athlète s’adapte à son entrainement.

    ________________

    Pour la V1 on parle déjà de programmation d’entraînement, de création de séances, d’analyse des tests, de nutrition … et nous mettons tout en œuvre pour nous rapprocher de l’exhaustivité des besoins de l’athlète et du coach dans les toutes prochaines versions.

    ________________

    Prérequis :

    Un logiciel peut se rapprocher de l’exhaustivité des besoins d’un athlète.

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    Tu suggères que cette application est indépendante et génère ses propres entrainements par exemple…Mais n’y a-t-il pas ici un paradoxe dans les relations athlètes/coaches et application en soi?  

    Effectivement GUTAI utilise sa propre lntelligence Artificielle pour améliorer le suivi et la préconisation d’entraînement. Néanmoins, GUTAÏ va permettre de prendre en compte tous les détails qui vont aider aussi bien l’athlète et l’entraîneur dans leurs recherches de la performance :
    • l’athlète qui veut s’entraîner seul pourra comprendre et maitriser tous les paramètres de sa préparation pour atteindre ses objectifs ;
    • et l’entraîneur aura un outil pour aller plus loin et surtout plus rapidement dans l’analyses et la construction de ses programmes d’entraînement.

    ________________

    Un logiciel peut permettre à un athlète de comprendre et maitriser tous les paramètres de sa préparation pour atteindre ses objectifs.

    ________________

    (…) On imagine que vous avez dû faire vos propres recherches pour valider vos concepts ? 

    Comme je l’ai dit plus haut, Innov Training c’est avant tout un laboratoire qui intègre un pôle recherche-développement-innovation. Nous travaillons depuis plusieurs mois en relation avec des spécialistes en IA tout en testant nos fonctionnalités sur la quarantaine d’athlètes qui nous fait confiance.

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    Explication de texte : Quand on parle d’Intelligence Artificielle, il n’y a rien de compliqué à comprendre, et il n’y a rien de mystique : L’IA est simplement un logiciel avec beaucoup, beaucoup de lignes de codes. C’est comme un petit programme sur calculette de Lycée, sauf qu’il prend beaucoup, beaucoup plus de chiffres en compte. Une IA reste un logiciel qui fait des calculs, c’est tout. Ce n’est pas mon interprétation, c’est la façon dont fonctionne un ordinateur.

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    Peux-tu nous parler un peu de ton équipe.  

    Nous sommes plusieurs associés/investisseurs dans la structure Innov-Training + une dizaine de personnes qui travaillent quotidiennement sur le développement de l’application. (…) GUTAÏ est développée par une expertise croisée d’athlètes, de coachs, de sportscientists et datascientists. (…)

    ________________

    Désolé, encore une digression… C’est mon vécu de Fac de sport à lire des textes de socio à la con et à m’énerver contre les auteurs qui parle : « Sportscientists » c’est juste un mot qui fait classe pour parler de chercheur en sciences du sport. « Chercheur en science du sport » aurait pu être utilisé pour plus de clarté. « Datascientists » c’est pareil : On parle de chercheurs en statistiques. Mais « Datascientists » c’est quand même dix fois plus stylé :

    « Salut, tu fais quoi dans la vie ? » « Je suis chercheur en statistiques. » « Ah ok ! Tu es blanc comme un cachet d’aspirine, tu t’habilles comme un vieux, tu as des lunettes et une calvitie à 25 ans du coup, non ? »

    « Salut, tu fais quoi dans la vie ? » « Je suis… Datascientists, Mother Fucker. » « OOOOOOUUUUAAAAAAH !!!! »

    ________________

    Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On compile tous les prérequis pour en faire un résumé des principes fondateurs de GUTAÏ et des convictions de Karoly Spy :

     

    GUTAÏ est basé sur le principe que : L’entrainement en sport d’endurance peut être amélioré par l’utilisation de données issues de GPS, cardio, capteur de puissance. L’analyse de ces données chiffrées peut améliorer la prise en charge de l’entrainement. Que pourra permettre ce logiciel ? De façon générale, il pourra optimiser un entrainement pour faire gagner du temps au entraineurs. Cela par sa capacité à mieux analyser les données qu’un entraineur « humain » ne le ferait. A terme, il permettra l’expansion du coaching individuel, cela en fournissant la perspective la plus complète de la performance (comprenez : « peut dire si un entrainement a été bon ou non, et à quel point). Cela-même en personnalisant un entrainement. Cela-même en prenant en compte les détails d’un entrainement. Ces détails, lesquels sont-ils ? Il y a deux champs de détails : Ceux environnementaux (T°, vent, humidité) et ceux « humains » (Intensité, FC, watts…).

    Le but est que GUTAÏ se rapproche de l’exhaustivité des besoins d’un athlète. Il devra être capable de savoir comment un athlète s’adapte à son entrainement. Il devra permettre à un athlète de comprendre et de maitriser tous les paramètres de sa préparation pour atteindre ses objectifs.

     

    Voilà comment, de la façon la plus honnête possible, je synthétise les propos de Karoly Spy. Et peut-on encore plus synthétiser ? Peut-on donner les prérequis des prérequis ? Peut-on donner les piliers de base, les fondements d’idées sur lesquels Karoly Spy s’est basé pour produire GUTAÏ ? Oui. A vrai dire, il n’y a même qu’un seul prérequis, qui résume l’entièreté de l’interview :

     

    Un logiciel PEUT permettre à quelqu’un de s’entrainer en sport d’endurance.

     

    C’est un prérequis. C’est-à-dire que toutes les affirmations que Karoly Spy a développé se basent sur cette certitude. Peu importe les détails de ce qu’il a dit, peu importe qu’il ait raison ou tort sur tout ce qu’il a développé, peu importe ce qu’on pense de GUTAÏ, d’Innov Training et de ses idées globales. Ce prérequis est un parti pris, un choix. Le principe du sport, c’est que c’est une activité libre, on fait ce qu’on veut. Si on a envie de trouver une solution pour être champion du monde en ne mangeant qu’au McDo, c’est un choix. On ne peut pas dire :« Ouais t’as tort ! », c’est un choix. Si on a envie de trouver une solution pour être champion du monde en utilisant un logiciel, c’est un choix. On ne peut pas non plus dire : « Ouais t’as tort ! », c’est un choix. On parle de sport là, qu’on dise :« J’aime combiner sport et logiciel ! » ou qu’on dise : « J’aime combiner sport et McDo ! », ça ne regarde que celui qui le dit. Un choix ou un autre, ça ne va tuer personne. Un choix c’est personnel et ça n’impacte que celui qui prend ce choix. Karoly Spy a fait un choix, que d’autres sportifs partagent :

    On peut considérer qu’un logiciel peut vous dire quoi faire en sport. A ce moment-là, tout se justifie : Le fait de prendre des mesures devient légitime, le fait de les analyser aussi, le fait de s’en servir pour produire les entrainements futurs aussi. C’est un parti pris. Celui d’avoir envie de mêler deux passions : Sport et Technologie. On peut tout à fait s’épanouir dans cette voie, simplement en poussant au maximum l’expertise du lien Sport-Technologie. GUTAÏ en est l’illustration parfaite : le souhait de la part de plusieurs personnes (partageant le même parti pris) de produire un logiciel faisant évoluer la voie précise du : Sport-Technologie.

     

    Pourquoi je trouve cette interview intéressante ? Parce qu’elle me renvoie à une question que je me pose chaque fois que je me sens coupable de ne pas utiliser un logiciel pour m’entrainer ? Et je finirai là-dessus :

     

    Est-ce que j’ai envie d’utiliser un logiciel pour faire du sport ?

    Est-ce que, pour moi, sport et informatique sont associables ?

    Est-ce que je veux introduire la dimension mathématique dans ma vie sportive ?

    Est-ce que je veux savoir de façon chiffrée ce que je fais en sport ?

    Est-ce que je veux qu’un logiciel me dise quoi faire dans ma vie sportive ?

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