• Les bases de Breizh Andur (4/9) : Sans mesure

     

    Programmer son entrainement, programmer une compétition, prévoir une performance, analyser une performance. Tout ça, vous le ferez beaucoup mieux avec des appareils de mesure.

     

    Un compteur permet d'être plus performant.

    Oui.

    Un cardiofréquencemètre permet d'être plus performant.

    Oui.

    Un capteur de watt permet d'être plus performant.

    Oui.

    Un carnet d'entrainement permet d'être plus performant.

    Oui.

    Analyser des courbes de données permet d'être plus performant.

    Oui.

    Peu importe votre niveau, vous serez encore plus fort avec des appareils de mesure.

    Oui.

    On peut parfaitement profiter du décor en courant, en roulant, tout en regardant simplement deux ou trois fois un appareil de mesure pour voir où l'on en est.

    Oui.

    Il est idiot de refuser par principe l'utilisation des appareils de mesure.

    Oui.

    Pour autant, on peut se passer des appareils de mesure en sport.

    Oui.

    Mais la rationalité se situerait à priori dans une utilisation lucide et consciente des appareils de mesure.

    Oui.

    L'utilisation des appareils de mesure est donc cohérente, justifiable, et permet d'être plus performant.

    Oui.

     

    L'utilisation des appareils de mesure permet beaucoup de choses, notamment d'être plus performant. Mais... Il y a beaucoup de choses que l'utilisation des appareils de mesure ne permet pas. Non, c'est mal dit. Excusez-moi. On va retourner la phrase dans l'autre sens :

    En faisant du sport sans aucun appareil de mesure :

     

    Vous serez fort... Peut-être... Ou peut-être pas...

     

    Mais vous vous amuserez à gérer votre allure uniquement selon votre instinct.

    Vous apprendrez à vous reposer seulement sur ce que perçoit intérieurement votre cerveau .

    Vous apprendrez à sentir les choses, à les deviner, à les comprendre sans aucun mot ni chiffre.

    Vous aurez la chance de rentrer chez vous après un entrainement, et de ne rien avoir à analyser.

    Vous aurez le plaisir de ne plus jamais participer à un débat sur les zones d'entrainement.

    Vous aurez la satisfaction de finir un triathlon entier en vous basant uniquement sur vos sensations.

    Vous aurez la joie de courir vite pendant une, deux, cinq, dix heures en n'écoutant que vous, en ne regardant que ce qu'il y a en vous.

    Vous connaitrez le bonheur de réussir une course du début à la fin, en n'ayant jamais baissé les yeux sur un écran. En ayant simplement regardé le paysage, vos amis à côté de vous, les spectateurs qui vous encouragent sur le bord. Vous connaitrez le bonheur de réussir une course du début à la fin en ayant seulement écouté votre coeur, votre souffle, vos muscles, toutes vos sensations.

    Vous vous connaitrez, vous. Sans attribuer de valeur chiffrée à votre corps. Sans mettre de jugement objectif et impartial sur ce que vous êtes. Parce que vous n'êtes pas "154 bpm au seuil lactique". Vous êtes "une sensation que moi seul connait dans mon corps, qui me dit quelle distance je peux tenir à cette vitesse".

    Vous vous connaitrez, même le jour où votre montre ne sera pas là. Même le jour où Strava fermera. Même le jour où les satellites Garmin seront en panne. Même le jour où votre capteur de puissance sera déréglé.

    Vous saurez quoi faire, même quand vous voudrez accélérer sans qu'une montre ne sonne. Même quand vous voudrez ralentir sans faire baisser vos statistiques dans Excel. Même quand vous voudrez arrêter le sport pendant une semaine. Même quand vous voudrez allez rouler toute la journée parce qu'il fait beau.

    Même le jour où vous voudrez sprinter sans raison en plein milieu d'un footing lent. Même le jour où vous voudrez, sans raison, arrêter trente minutes votre sortie vélo pour vous asseoir sur un banc au soleil. Même le jour où vous voudrez sortir de la piscine après 300m, sans raison, juste parce que vous n'avez pas envie de nager. Même le jour où vous voudrez enlever sans raison une série de fractionnée de votre séance. Même le jour où vous voudrez sacrifier un entrainement important sans raison, juste pour aller visiter un lieux, voir un bel endroit.

    Sans appareil de mesure, vous redécouvrirez le bonheur d'être surpris, d'apprendre, de s'écouter, de se faire confiance, de tester des choses, de douter, de rater, de trouver par vous-même et en vous-même.

    Sans appareil de mesure, vous redécouvrirez le bonheur de n'avoir besoin que d'une seule chose pour faire du sport :

    Vous-même.

     

    En revanche, sans appareil de mesure, vous ne serez pas les plus forts. Alors... Là, c'est à chacun de savoir ce qu'il veut. C'est très bien de vouloir être le plus fort. C'est très bien d'aimer les appareils de mesure. Mais, en tout cas :

     

    Chez Breizh Andur, on s'entraine comme ça, sans mesure.

    Et si ça vous tente, je vous souhaite la bienvenue.

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Janvier 2017 à 14:34

    Pourquoi as tu le besoin de prouver aux autres que tu es heureux sans être en quête de l'optimisation de la performance (mais tout en faisant de la compétition)?

    Je ne vois pas trop où tu veux en venir...

    La finalité de ceux que tu dénigres et la tienne sont pourtant proches: faire du triathlon et être heureux.

    Bonne année 2017 à toi!

      • pat
        Mercredi 25 Janvier 2017 à 19:09

        Bonjour à vous,

        Simplement, je crois que colin nous fait partager sa vision du sport à travers ce qu'il a vécu et ce qu'il vit, ses interrogations et ce qui semble lui convenir au mieux dans l’entrainement. C’est une prise de risque, beaucoup de travail mais aussi la possibilité d’échanger divers avis. Pour ma part, je trouve cette vision très intéressante car elle sort du cadre classique de la pratique du sport.

        Je m’explique :

        peio, je tiens à rectifier,j ai lu aussi les articles du blog de colin et il me semble qu’il nous fait partager le bonheur qu'il a, à s'entrainer et non pas nous prouver absolument qu’il est heureux (il y a tellement d’athlètes malheureux amateurs et pro, le burn out existe aussi dans le sport).

        Il ne dénigre personne mais il fait un constat du monde tri athlétique… et là je peux confirmer… c’est un sport ou la durée de vie est très courte car chronophage et exigeant. C’est aussi un sport devenu médiatique et qui dit médiatique veut aussi dire à la mode. Par conséquent il faut s’attendre à des pratiquants de plus en plus nombreux, une professionnalisation des athlètes, des sponsors de plus en plus présent, un développement excessif du matériel des courses privatisé, des journaux spécialisés en augmentation, des coachs via internet etc

        Ca devient du business mais ce n est que mon avis

        Pour autant les différentes questions lié a l’entrainement, la logistique, le matériel , l’environnement sportif , le lieu de la pratique, ne peuvent que nous faire avancer mais nous sommes parfois trop dépendant de tous ces paramètres. L’article « sans mesure » est à l’image de colin, rendre simple la pratique sportive !

        Pour ma part les préjugées font du mal à l’être humain, rien n’est jamais sûr. La faculté a se remettre en questions est une richesse en soi.  Je veux dire par là que tous les 2 votre objectif est de faire du sport et vous prenez des chemins différents pour y arriver.

        La seule différence est que le chemin à parcourir nous construit et que l’objectif est le cadeau.Ce qui nous fait avancer, ce qui nous rend meilleures, ce sont nos blessures, nos échecs , nos chutes, nos engueulades, et bien nos réussites car cela fait du bien

        Je m’arrête là car je pourrais continuer …

        Simplement, bravo colin pour ta prise de risque, ton partage, tes expériences sportives et soyons heureux du bonheur des autres.

        pat

    2
    Vendredi 6 Janvier 2017 à 16:36

    Intéressant que tu le prennes mal, quelque chose dans mon article doit te blesser de façon personnelle. Détends-toi, relis l'article, trouve le point qui te tracasse, et demande-toi pourquoi il te tracasse. Tu en sortiras plus grand.

      • Jeudi 19 Janvier 2017 à 14:14

        Je ne prends rien de mal. Je ne fais pas de triathlon, je fais du vélo (pour me déplacer, et pour le plaisir de manière cyclotouriste plus que cyclosportive), et d'autres sports à côté.

        Donc perso rien ne peut me tracasser dans ton article.

        C'est juste que j'ai plusieurs fois lu ton blog, et je vois pas où tu veux en venir.

    3
    Pinot Q.(uentin)
    Vendredi 6 Janvier 2017 à 20:38
    Salut.

    Je 10000 plussoie.

    Tiens... c'est dommage que je sois à l'autre bout de la France sinon j'aurais pris une licence chez vous. Adrien M. est mon idole

    Bonne continuation les oufs!
    4
    Samedi 7 Janvier 2017 à 15:46

    Haha nous t'acceptons par principe alors !! x)

    Adrien est l'idole de pas mal de monde...... ^^

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