• Histoire de course #1 - Le Duathlon de Lampaul (6 Avril 2015)

    On commence sur un échec...

                     Cette semaine fut assez difficile à gérer sur un plan émotionnel. Je n’ai rien laissé paraitre, pour ne pas m’attirer de remarques, mais la douleur était là. Bien évidemment, c’est en grande partie dû au Championnat de Bretagne de Duathlon de Lampaul, Lundi dernier. Essayant de me persuader que tout s’était bien passé, j’ai parlé de mon hypoglycémie, le côté sympathique de la course. Mais je crois qu’il est bon (pour moi) que je fasse un retour sérieux sur l’évènement :

     

                   Je ne vais pas faire le détail depuis le départ. Pour résumer, je rentre 15ème à la 1ère transition puis pose 2ème le vélo et 1er breton. En repartant à pied, j’y croyais encore, sérieusement. Je me disais que c’était dans ma tête, que rien ne pouvait m’empêcher de l’obtenir. Mais au bout de quelques centaines de mètres j’ai vite compris... Alors que pendant toute la course je me suis vu le recevant, j’ai réalisé qu’il irait à quelqu’un d’autre. Et une fois que l’idée s’est implantée c’est impossible de penser à autre chose.

                   Il n’y a rien à dire sur la fin de course. Je finis en trottinant, totalement résigné. Dans les derniers mètres je suis passé devant lui et les larmes sont montées. Bravant, je me suis redressé pour passer la ligne et ait esquivé le problème est répondant au micro que j’étais satisfait de ma performance. Mais mon esprit ne pouvait se détacher de lui. Voilà, c’était plié. Il irait à ce « Bouin » ayant fait une course remarquable. Bravo à lui.

                   Moi de mon côté, je me suis isolé, tentant vainement de noyer mon désespoir dans du coca bon marché. Je ne pensais qu’à lui, ayant presque l’impression de le voir me narguer au fond de mon gobelet en plastique. Des gens me parlaient de leur course mais je n’écoutais rien. Au bout d’un moment, la personne à la table de ravitaillement m’a dit qu’ils allaient fermer. Alors j’ai demandé si je pouvais en avoir un dernier mais elle m’a fait comprendre qu’il serait temps que je rentre. J’ai insisté, disant que j’étais parfaitement lucide mais elle a menacé d’appeler des gros bras alors je suis parti chercher mon vélo.

                   Plus aucune force ne m’animait. Plus aucune envie, plus aucun espoir. Je suis sorti de la salle de sport où le parc à vélo avait été monté. « Salle de sport ».... « sport »... J’ai ramené mes affaires à ma voiture et je me suis assis par terre. Y’a vraiment des moments où se demande si tout ça a vraiment une raison d’être. « Viens voir Colin, les podiums commencent ! ». « J’arrive, j’arrive... ». Mais je ne suis pas venu. Ca me faisait trop mal. Je ne l’aurais pas. Jamais.

                   J’appris bien plus tard qu’ils avaient tous été distribué et qu’il n’en restait évidemment aucun. De toute façon, le seul qui m’intéressait était logiquement revenu au vainqueur. Le seul, l’unique, le plus beau des paniers garnis. Rien que d’y penser ça me secoue de l’intérieur. A la limite, les gâteaux au beurre et les bonbons sucrés, ça me fait rien de ne pas les avoir. Mais les caramels au beurre salé ?! J’en reviens pas ! A quoi ça sert de se tuer à l’entrainement, de faire autant de sacrifices si on est pas payé en retour ?! J’y pensais chaque jour en me levant, en m’habillant, en partant rouler sous la pluie, etc... Mais ce n’est pas encore ça le pire. Je ne sais même pas si j’aurai le courage d’en parler. Allez je me lance :

                   Le beurre de Salidou.

    Le Graal des bretons. Le seul aliment qui peut faire passer le Kouign amann pour une pizza surgelé Super U. Le beurre de Salidou, c’est 100g de beurre demi-sel chauffé avec 100g de sucre. Même la religion indoue a reconnu que le Matmatah n’était pas suffisant pour décrire ce que l’on ressent quand on en « mange ». Je dis « mange » parce que j’ai peur d’insulter le beurre de Salidou. Je devrais plutôt dire « s’imprégner » ou « recevoir ».

    Enfin bref, je ne vais pas me torturer davantage. C’est fichu, c’est fichu. Pas tellement grand chose à dire...

     

                   Mais bon, tout ça c’est du passé ! La saison continue et c’est pourquoi je suis parti tôt ce matin direction le Massif Central ! Une semaine de stage loin de la défaite de Lampaul, loin de la routine quotidienne. Loin du bruit de la ville, loin des contraintes et des obligations ! Loin des... loin des routes habituelles d’entrainement et heu... loin de tous ces chemins où je tourne en rond le week-end. Loin de ces plaines, de ces collines, ces torrents où je passe et repasse... Loin de mes Monts d’Arrée et de ses nuances de brun, de jaune paille, de vert émeraude... Loin de cette ambiance posée, éloignée de tout, où l’on s’égare, seul face à son effort. Et loin de cette culture centre-Bretagne si riche en vie humaine. Cette culture, son âme, ses symboles ! Le gwenn ha du, les galettes de blé noir, le chouchenn et... et...

     

                   Et le beurre de Salidou... Snif...

     

    On commence sur un échec...

     

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  • Commentaires

    1
    Jojo
    Dimanche 12 Avril 2015 à 06:53
    Bbnne semaine ! Bises
    2
    triathlounette
    Lundi 13 Avril 2015 à 09:43

    très drole... j'aime beaucoup ta façon d'écrire ! bonne semaine yes

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