• CR - Vendôme 2017

     

    Les évènements ci-dessous sont certifiés véridiques. Aucun élément n'a été ajouté ni modifié pour l'écriture de cet article.

    CR - Vendôme 2017

    Question : Avez-vous déjà vécu un triathlon un peu galère ? Moi oui. Dimanche dernier. C'était un simple petit L que je voulais faire pour m'amuser, en début de saison. J'étais prêt, j'étais en forme. Tout semblait bien se passer.

    Quand vient le départ, je me lance, nage 100m à fond, attrape les pieds d'un nageur plus fort que moi, et ne bouge pas de ces mêmes pieds pendant les derniers 2200m. Merci à lui.

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    Puis, je sors de l'eau

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    Avant de m'élancer à vélo, et de me découvrir de très bonnes jambes. Et c'est parti :

    A ce stade, je suis 5ème sur 430.

    km 3 : J'entends "PAF !" Je dis "Flûte !" Je vois ma roue arrière cogner par terre. Je m'arrête. Je détache la roue. J'arrache le boyau crevé. Je prends le nouveau boyau. Je le mets en place. Je me rends compte que la valve de mon boyau est trop courte, elle ne sort pas de la jante. Je laisse passer un temps de réflexion silencieuse. Puis : Je dis "Fichtre !" J'essaye plein de trucs inutiles qui ne marchent pas. Un bénévole s'approche pour regarder mon boyau. Un triathlète passe en vélo et dit : "Assistance extérieure interdite ! Putain !" Je le regarde partir. Je rigole. Le temps passe. Je me résous à abandonner. Je retente exactement les mêmes trucs inutiles. Au bout d'un moment j'essaye de dévisser le prolongateur de valve du boyau percé à l'aide de mes dents.. J'entends "Crac !" J'enlève le prolongateur de valve de ma bouche. Je crache deux petits bouts de deux molaires différentes. Je dis "Bigre !" Et puis je bricole le prolongateur de valve sur le nouveau boyau. Gagné. J'enfonce ma cartouche de gaz, je gonfle le nouveau boyau à 5 bars. Je repars.

    A ce stade, je suis 401ème sur 430.

    km 3,03 : Je ne peux pas pédaler, ma chaîne est bloquée. Je dis "Bon sang de bois !" Je m'arrête. Je tente d'enlever ma chaîne coincée sur elle-même. Je n'y arrive pas. Je force. Je passe les plateaux. Je passe les vitesses. Je tire ma chaine. Elle se décoince. Je repars.

    km 3,05 : Je pédale mais ma roue arrière semble bloquée. Je dis "Diantre !" Je m'arrête. Elle est de travers dans son axe. Je la desserre, la remets droite, la resserre. Je repars.

    km 8 : Mon boyau arrière est presque à plat. J'en conclue que mon bricolage ne tient pas. Je pense "Zut." Je commence à faire de la "prospection de pompe" : Je m'avance vers un triathlète : "Vous avez une pompe ?" Puis vers un autre : "Vous avez une pompe ?" Puis vers un autre encore : "Vous avez une pompe ?" Après plusieurs "Non !" Je trouve un homme qui me prête une petite pompe.

    km 15 : Je m'arrête avec la petite pompe en main. Je tente de gonfler mon boyau. Le peu d'air qui restait dans mon boyau s'en va. La pompe ne marche pas. Je remonte sur mon vélo. La jante cogne par terre.

    km 20 : Je m'arrête au premier ravitaillement. Je demande à des spectateurs en vélo s'ils n'ont pas une pompe. Ils m'en prêtent une première. Elle ne marche pas. Une deuxième. Elle ne marche pas. Ils réparent leur pompe à pied qui ne marchait pas. Je parviens à gonfler à 10 bars avec cette pompe à pied. Je repars.

    km 25 : Mon boyau est à plat. Je pense "Palsambleu !" Je recommence la prospection de pompe auprès de gens que j'ai déjà doublé une fois. "Vous avez une pompe ?" "Vous avez une pompe ?" "Vous avez une pompe ?", etc... Une dame hésite à me donner sa pompe : "Normalement on a pas le droit." me dit-elle. "C'est vrai" lui dis-je. "Je vous demande simplement de faire un geste de sympathie. Libre à vous de refuser." Elle me donne sa pompe.

    km 27 : Je m'arrête. Je dévisse ma valve. Je constate que la pompe de la dame est une pompe de VTT. Je dis "Intéressant.." Je remonte sur mon vélo. Je recommence la prospection de pompe auprès de gens que j'ai doublé deux fois.

    km 29 : Je trouve un triathlète de Cesson qui me prête sa pompe. A ce stade, j'ai trois pompes dans ma poche arrière de veste. Je pense même à monter un dépôt-vente de pompes. Je m'arrête. GLORIA. La troisième pompe est la bonne. Comme elle mesure 12cm de long, il me faut une petite centaine de pompes pour gonfler à 4-5 bars. Je repars. Je retrouve des gens que j'ai doublé trois fois.

    km 31 : J'entends : "TAC ! Claclaclaclaclac !" Je sens une énorme force de résistance dans mes pédales. Je regarde mon dérailleur arrière. La chaine est tombé sur la dernière vitesse. Je remonte les vitesses. Ca ne marche pas. Je suis bloqué sur le pinion de 14. Un rapide calcul me permet de comprendre que je suis désormais en double fixie : 53/14 ou 42/14. Il me reste 60km de vélo. Mon pneu s'est déjà bien dégonflé. Je pense : "Sacredieu."

    km 32 : Je teste mon premier passage en force, en faux-plat descendant, sur le 53/14. Je visualise le deuxième tour vélo en double-fixie qu'il me reste à faire. J'arrête aussitôt de visualiser.

    km 33 : J'entends : "Eh ! Ma pompe !" C'est le premier monsieur qui m'a donné une pompe. Je ralentis à sa hauteur. J'en sors une de ma poche. Je lui demande: "C'est celle-là ?" Il me réponds : "Non !" J'en sors une autre : "Et celle-là ?" C'est la bonne. Je la lui donne. Je repars.

    km 36 : J'entends : "Eh ! Ma pompe !" C'est la dame qui m'a donné une pompe. Je ralentis à sa hauteur. J'en sors une de ma poche. Je lui demande: "C'est celle-là ?" Elle me réponds : "Oui !" Je la lui donne. Je repars.

    km 38 : Mon boyau est à plat. Il fait des zigzags de temps en temps. Relances interdites. Virages penchés interdits. J'ai la flemme de m'arrêter pour regonfler.

    km 46 : J'arrive sur le lieu de course. Fin du premier tour. Je m'arrête. Une centaine de pompes pour regonfler. Mon boyau remonte à 4-5 bars. Je repars, rattrapant des gens que j'ai déjà doublé entre 1 et 4 fois.

    km 50 : J'arrive à la hauteur d'un pote : "Tiens, Colin ! T'as pas abandonné finalement ?", "Non, j'ai pu regonfler, mais ça fuit." Je repars.

    km 53 : Je dérape dans une descente. Mon boyau est à plat. J'ai trop la flemme de m'arrêter. Je fais durer.

    km 60 : Je commence à piger le coups du fixie. Je m'habitue à passer du 53/14 à 35 de cadence vers le 42/14 à 125 de cadence. Sauf en côte, où le 40 de cadence n'est pas évitable.

    km63 : Mon boyau est sur la jante, mais je n'arrive pas à me décider de m'arrêter. Je freine derrière quelqu'un que j'allais doubler et qui s'est décalé au dernier moment. Je dis "Pardon !" Un autre triathlète dit : "Oh les gars merde le drafting putain !" Je le regarde et rigole. Je repars.

    km 67 : Ma sacoche de réparation se fait la malle. je dis : "Bontée divine !" Je l'attrape avant qu'elle ne tombe sur la route. Je cherche une place pour la ranger. Je n'en ai pas. Je la mets contre mon torse sous mon maillot.

    km 70 : Je double Adri. Il me dit "Tiens, t'es là toi !" Je réponds : "Attends je m'arrête pour regonfler, bouge pas je reviens !"

    km 71 : Je m'arrête pour regonfler. Une centaine de pompes et je repars.

    km 73 : Je re-rattrape Adri. Il me filme. On rigole. Je repars.

    km 76 : Mon boyau est à plat. J'ai la grosse flemme de m'arrêter.

    km 78 : J'entame mon 57ème passage en force en danseuse à 45 de cadence.

    km 81 : Ma jante touche par terre de temps en temps. Mais j'ai vraiment pas envie de m'arrêter. Je calcule combien de temps je perds en roulant à plat en comparaison du temps que je perds à m'arrêter pour regonfler. J'en conclue qu'il vaut mieux rouler à plat.

    km 90 : Entre deux passages en force, je regarde mon boyau à plat. Le pauvre, il a l'air dépité.

    km 92 : Je descends de vélo. Je le pose dans le parc. Je pars à pied.

    CR - Vendôme 2017

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    km 0,5 : J'ai le tendon d'Achille droit défoncé. (J'apprendrai plus tard que c'était à cause de ma chaussure de vélo qui s'était décollée de sa semelle en carbone. Je suppose avoir compensé cette mobilité de chaussure par une flexion des doigts de pieds, d'où la douleur.) Je change de foulée pour pouvoir boiter en courant vite.

    km 10 : Toujours aussi mal au tendon, mais j'arrive à courir à ma vitesse habituelle.

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    km 17 : Petite hypo, tant qu'à faire.

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    Arrivée : A chacun son niveau, à chacun ses objectifs, à chacun ses sources de réussite. Vainqueur, 10ème, 100ème, dernier de la course, peu importe. Y'a des courses comme ça où t'es simplement content de...

    ...ben de passer la ligne.

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    Ah oui, et j'ai un rendez-vous chez le dentiste à prendre.

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  • Commentaires

    1
    Ben
    Samedi 27 Mai 2017 à 23:46

    Ba mon Colin, chapeau. calme, zenitude et abnégation. Encore un bel exemple pour nous simple mortel. Bon RDV chez le dentiste maintenant.

    2
    LE DORÉ JJ
    Dimanche 28 Mai 2017 à 12:45

    Heureusement que tu avais précisé en préambule que tous ces événements étaient véridiques ! D'autres auraient bâché depuis longtemps. Chapeau l'artiste !

    3
    Kévin
    Dimanche 28 Mai 2017 à 16:26

    Encore un beau CR qui m'a donné le sourire ;) Content de t'avoir revu !

    Bon tu reviens l'année prochaine conjuré le sort avec celui à qui tu as pris les pieds en nat' et que tu as du surement voir assis à côté de son vélo au km 23 ^^

    @+

    4
    thierry Couffon
    Dimanche 28 Mai 2017 à 18:28

    Salut Colin c est moi qui t es donne la pompe miracle ravi d avoir pu te rendre ce service bonne saison pour toî 

    5
    Dimanche 28 Mai 2017 à 20:38

    Hello Thierry ! Encore un gros merci, c'était super sympa de ta part !!!!! :)

    6
    LouL
    Mardi 30 Mai 2017 à 23:25

    Et une Pompe Zéfal il n'en avait pas!! ;) petit placement de produit : www.zefal.com ( situé dans le Loiret, pas très loin de Vendôme)

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