• CR : Priziac, course parfaite

     

    Le Débrief : Priziac, course parfaite

                

               On commence par un peu d’Histoire. La notion de « pré-excuse » est un concept inventé et popularisé par les triathlètes. Ce fut Roger Marchand qui, sur le Triathlon Promo de Bergerac de 1991, trouva la 1ère pré-excuse : « Je ne suis pas très bien, j’ai mangé chez ma belle-mère ce midi. ». La pratique, encore jeune, s’est ensuite étendue dans l’hexagone, pour finalement passer les frontières au début du 21ème siècle. Sur la saison 2012, les chiffres de l’INSEE ont montré qu’en France, presque 65% des triathlètes ont pris un départ avec au moins 2 pré-excuses. Toujours grâce à l’INSEE, les 5 pré-excuses dépassant les 5000 itérations par saison ont pu être mises en évidence :

                   5-« Je viens sans entrainement. » (5 394 fois)

                   4-« J’avais un mariage hier. » (5 913 fois)

                   3-« J’ai roulé 4 heures ce matin. » (7 208 fois)

                   2-« Je prépare du long. » (7 441 fois)

                   1-« C’est ma reprise. » (173 276 fois)

     

                   Me voici donc arrivant à Priziac. Avant de sortir de la voiture, je prends le temps de préparer mes propres pré-excuses. Mais un peu stressé, je suis à court d’imagination. Il pleut en continu dehors, il ne fait pas très chaud, et c’est la première grosse course de l’année. C’est pourquoi je décide de piocher dans le top 5 de l’INSEE. Alors, alors... « Je viens sans entrainement ». Ouais, pas mal. J’ai pas trop nagé (on va commencer à le savoir) donc ça colle... Nan, c’est trop gros. J’ai roulé et couru comme je voulais. Je passe. « J’avais un mariage hier ». Oui, après, y’a plein de variantes ! J’avais un repas, une soirée, un enterrement qui s’est fini tard en boîte (jeu de mot), etc, etc... Mais j’ai rien fait hier donc non. « J’ai roulé 4 heures ce matin ». Non, là pareil. J’ai pas fait de folie ces derniers jours. Encore moins ce matin. Ensuite : « Je prépare du long ». Bon, en l’occurrence c’est un « long » aujourd’hui, donc pas possible de dire ça. Et enfin : « C’est ma reprise ». Mouais... Faut pas trop pousser quand même...

                   Fichtre. Je n’ai aucune excuse d’avant course. Perdu, je sors de la voiture discrètement. Mais aussitôt, Manu arrive vers moi le pas pressé, la main tendu et l’oeil inquisiteur : « La forme ? » me lance-t-il en me fixant. Je panique. Je tremble, je transpire, je bafouille : « Moui je... et bien... haha !.. que... ». Ce n’est pas possible ! Incapable d’improviser une pré-excuse, je suis contraint de lui répondre : « Bien et toi ? ».

                   Après quelques échanges avec Manu, je pars chercher mon dossard, penseur... Une porte de sortie. C’est tout ce que je demande. Parce que ça me permettra de sauvegarder un peu d’égo en cas de raté. Et surtout parce qu’une course parfaite... c’est pas possible, enfin je crois.

                   La suite est assez banale, je vais embêter un peu les gars de Landerneau, je prépare mes affaires, les gars de Landerneau viennent m’embêter, je m’installe dans le parc, je vais chambrer les gars de Landerneau, je vais vers le départ, les gars de Landerneau me chambrent.

                   Sur la ligne de départ, je fais le point. Pour ce qui est des facteurs externes, l’eau est plus chaude que la pluie qui tombe et que l’air ambiant. Les parcours me conviennent bien. La course à pied est vallonnée, mais ça passe. Le vélo est vallonné, mais ça passe. La natation est vallonnée, mais ça passe. Pour ce qui est des facteurs internes, en revanche, je ne suis pas encore fixé... Je me sens très bien. C’est tout. Je suis moi-même déçu de ne pas pouvoir préciser l’analyse mais je ne trouve rien de plus à dire !

    L’arbitre annonce « 1 minute ! ». Je ne suis pas inquiet. Je ne suis pas énervé. Je ne suis pas non plus absent, ailleurs. Non, je me sens... simple. C’est bizarre, mais c’est le mot. Car je n’ai pas trop de pensées dans la tête et que j’ai plutôt hâte de commencer. Car je ne me sens ni agressif, ni endormi. Simple. J’ai envie de faire un half-Ironman, voilà la seule pensée que j’ai dans la tête.

    Ayant un peu gardé les facultés athlétiques de ma jeunesse, je fais le 1er temps « rentrée dans l’eau » de la course. Quand je respire pour la première fois, je me rends compte que malgré un départ rapide, je suis détendu. Au bout de quelques coups de bras, j’adopte un rythme de nage que je pense pouvoir tenir 1900m et puis... voilà. Devant, deux gars s’éloignent. Derrière, ça se bastonne. Mais je prends ces informations... bah comme des informations justement ! Je ne les utilise pas pour réguler mon effort parce que je n’en ressens pas le besoin. Chacun sa perf. Moi, j’ai juste à nager à ce rythme là pendant 30 minutes. Et c’est ce que je fais, nager...

    Nager et profiter cela dit. L’eau est franchement bonne (17 degrés) et j’aime beaucoup les petits lacs entourés d’arbres comme celui-ci. Il pleut mais avec peu de vent. C’est un réel plaisir de nager. Entre deux panoramiques touristiques, je me recentre un peu pour voir si je ne fais pas de bêtises. Mais à chaque fois, je constate que rien ne pose problème. Depuis le départ, je veille à ne pas battre des jambes car aujourd’hui, j’ai surtout envie de faire une bonne course à pied. Au niveau des bras... ça passe. Je corrige légèrement mon bras droit, plus pour me convaincre que je gère quelque chose. Parce que c’est réellement l’impression que j’ai : ne pas gérer. J’avance à un rythme qui me convient parfaitement sans avoir besoin de réguler quoi que ce soit. Je ne suis pas comme un spectateur non plus, mais je suis étonné d’être aussi détaché. Et je trouve ça très appréciable car cela me laisse encore du temps pour profiter...

    L’australienne arrive. Et c’est la première australienne que je fais sans me précipiter. Je nage jusqu’à toucher le fond avec les mains, je me relève tranquillement, je cours sans m’affoler, et je replonge.

    Le deuxième tour est semblable au premier. Je conserve le même rythme de nage et j’avance, en profitant. Le temps ne passe ni vite, ni lentement. Il passe « bien ». J’aime chaque seconde de cette natation. Je n’ai pas spécialement envie qu’elle se finisse, mais j’ai également hâte de monter sur le vélo. Alors je nage les 950m restants, patiemment, toujours surpris d’être aussi détendu...

    Je touche le fond (sans métaphore), alors je me mets debout. Je cours vers le parc tout en remerciant les encouragements. Retrouver du monde me fait plaisir. Juste avant d’arriver à mon emplacement, je fais un petit bilan. Je suis à 2 minutes de la tête si j’ai bien entendu. Mais qu’importe. Moi, je sais que j’ai nagé exactement comme je le voulais. Et... Voilà... Bilan fini... J’ai nagé comme je le voulais, en route pour la suite.

    Je n’ai aucune analyse sur ma natation... et cette constatation me laisse sans voix. Ca aurait pu me laisser perplexe, me faire douter, me remettre en question, mais non. Ca me laisse sans voix intérieure. Pas de pensée, pas de questions.

    Après une transition... disons : habituelle... je saute sur mon vélo et enclenche les chaussures sur les pédales. Et cela me reconnecte avec la réalité : l’HYPO. Mon regard est attiré par mes bidons remplis et par mes gels collés sur le cadre. Dans mon dos, je sens également d’autres gels coincés dans une poche. Impeccable. Reste juste à gérer ça de façon intelligente ! A la limite, cette année, je risque davantage l’hyperglycémie...

    Un petit virage à droite et je me place sur les prolongateurs. Je suis super bien. Pas super bien dans le sens que j’ai de l’énergie et que je suis tout énervé. Je suis super bien parce que je n’ai aucune douleur, et aucune émotion. Enfin, je ne suis pas neutre non plus. A vrai dire, je ne sais pas dire comment je me sens de façon claire. Je sais juste que j’ai le sourire. Et d’ailleurs, le fait de me rendre compte que j’ai le sourire me fait sourire de plus belle ! Mais pour autant je ne m’emballe pas. Tiens, encore quelque chose qui me surprend. D’habitude en course, quand je pense à quelque chose qui me fait sourire, j’accélère d’un coup. Mais là, rien. Aucun changement dans le pédalage. C’est marrant... Encore cette impression d’être distant de ma propre performance... En tout cas c’est plaisant !

    J’aimerais bien écrire des paragraphes et des paragraphes sur la partie vélo. Seulement, je n’ai rien à dire. A partir du 10ème kilomètre et ce jusqu’à la transition, je suis 2ème  de la course. Derrière moi comme devant moi, je ne vois personne. Pendant 2h30, je suis tout seul avec ma performance. Ou plutôt, je suis tout seul avec ma glycémie. Parce qu’en ce qui concerne l’effort proprement dit, il ne se passe rien. Dans le 1er kilomètre de vélo, j’ai trouvé le rythme que je sais pouvoir tenir jusqu’au bout. Je pense pouvoir faire mieux, mais je tiens vraiment à faire un bon semi-marathon. Donc, je me concentre sur l’alimentation. Et, malheureusement pour ce compte-rendu, je gère très bien ce point. Je sens quand il faut que je boive, que je mange. Je ralentis aux ravitaillements pour prendre ce que je veux. Je n’ai jamais mal au ventre. Quand je ne pense pas à manger ou à boire, je regarde ailleurs...

    Et c’est encore un point qui m’interpelle. De temps à autres, je regarde le paysage. A un moment, je vois un jardin magnifique alors je souris. Dans un village, je lis rapidement un panneau informatif sur l’église. Mais je ne fais pas ça volontairement pour m’occuper. Je me ballade, et quand je me ballade, j’aime profiter de ce qui m’entoure. En me disant ça je me marre. Je repense aux gens qui me disent : « Arrête de sourire et concentre-toi ! ». Je me marre parce que ces gens ne savent pas qu’on peut très bien faire les deux. Parce que tenir un rythme moyennement intensif, comme c’est le cas ici, c’est pas dur. On passe notre temps à faire ça, toute l’année, à l’entrainement. On découvre pas la vie sur chaque compétition. Ca fait depuis que je suis gamin que je fais ça alors bon... Tenir une intensité, peu importe la vitesse qu’il y a marqué sur le compteur, c’est facile. Du coup, je me ballade.

    Ainsi donc, me voilà revenu au parc à vélo. En approchant, je m’affaire au 2ème bilan de mi-course : Je suis content de moi. Voilà. Encore un bilan assez court. Je ne sais pas si c’est bien de penser ça mais c’est ce que je ressens. J’ai roulé au rythme que je voulais, j’ai mangé et bu suffisamment et j’ai profité du décor. Pas grand chose de plus à dire...

                   Je mets mes lunettes, ma visière, mes chaussures, et je me lance dans le dernier tiers de course. Ce semi-marathon, cela fait un bout de temps que je l’attends. Pas dans le sens où c’était mon objectif, j’ai le couteau entre les dents, la rage de vaincre, gnagnagna... Mais dans le sens où depuis quelques mois, j’ai hâte simplement de courir vite un semi-marathon, sans le subir. J’ai à coeur de courir les 21 kilomètres en me faisant plaisir. Pas pour faire un temps, pas pour faire une place, mais pour courir 21 kilomètres.

                   Alors je m’élance. Très vite, le 3ème me rattrape. J’emboîte son pas et décide de le suivre. Je me sens bien. Peut-être que je devrais faire ma propre course dans mon coin mais là, pour le coup, j’ai envie de le tenir. Et comme j’arrive à suivre, je me dis que je pourrais faire tout le 1er tour dans ses pieds.

                   7 kilomètres plus loin, je me sens toujours bien. A chaque ravito, je me suis arrêté et ai bu 2 cocas, comme je l’avais prévu. Et puis je suis toujours caché derrière mon compagnon. Ensemble, nous repartons sur la seconde boucle. Le temps au tour est bien plus rapide que ce que j’avais prévu. Mais pour autant, j’ai encore plein d’énergie. Alors je ne bouge pas et décide de faire un 2ème tour identique au 1er. Mon projet en place, il ne me reste plus qu’à cogiter...

                   Mais je ne cogite pas. Je n’ai pas envie et surtout, je n’en ressens pas le besoin. Je commence à sentir des petites douleurs dans les jambes mais rien de grave. Je continue de boire du coca régulièrement. Je cours toujours à la même allure. Bref, aucun imprévu. Et puis, je remarque que j’ai toujours le sourire. Et c’est vrai que je suis content d’être là. Oui, je suis content de ce que je fais, mais je suis content d’être ici avant tout. Ici sur un half-Ironman. Ici à faire la course avec des gens que j’aime bien. Ici à courir, tout simplement.

                   En finissant le 2ème tour, je jette un coup d’oeil à ma montre. Le chrono est bien mieux que ce que j’espérais. Alors que je devrais réfléchir dans tous les sens comme j’ai l’habitude de le faire, je pars. En souriant de l’intérieur. J’ai juste pris en considération le fait qu’il ne restait qu’un tour et que j’avais encore plein de ressources. Je pars, j’attaque. Pas de questions, pas de réflexion. Je ne suis pas un spectateur de mon propre corps car je suis très lucide et car je contrôle tout. Mais j’ai juste envie de courir plus vite. Indépendamment de toutes les théories sur l’entrainement, sur la gestion en compétition, sur la physiologie que je connais. Je ne sais absolument pas pourquoi je fais ça ni si c’est une bonne décision. Et je ne ressens pas le besoin de le savoir. J’ai envie de le faire, et c’est une justification suffisante pour moi. J’accélère de plus en plus. Les kilomètres passent vite, trop vite presque. Je suis bien ici, je n’ai pas très hâte de franchir la ligne. De temps en temps, on m’informe que je reviens sur la tête de course. Mais je n’en ai strictement rien à faire. Peu importe que je sois 2ème, peu importe le chiffre de la vitesse inscrit sur ma montre, je suis content de courir vite. J’ai fais ce qu’il fallait pour ne pas subir la course à pied autant à l’entrainement que sur la course. Alors je profite de cette récompense. Pour certains c’est une médaille, pour d’autres c’est un chèque, pour d’autres c’est un article de journal, et pour d’autres c’est une soirée bien arrosée. Mais pour moi, la récompense est en temps réel : courir vite. J’adore courir et vite et là, coup de bol, je peux le faire. Alors je savoure les derniers mètres qu’il me reste à parcourir...

                   Je vois l’arrivée. L’heure du bilan final est venue : Je n’ai rien à dire sur la course. Bon. Je n’ai rien à dire mais je suis super content. Alors je sprinte sur les 200 derniers mètres en levant les bras. Je ne suis pas fier du travail accompli depuis des mois. Je ne suis pas fier d’avoir été sérieux tout l’hiver ni d’avoir fait les bons entrainements aux bons moments. Je ne suis pas non plus fier de ma place. Je ne suis pas fier en fait. Je suis content. C’est peut-être un peu plat comme sentiment, peut-être un peu trop banal... Mais pourquoi ça ne suffirait pas ? Pourquoi il faudrait transpirer de bonheur pour être satisfait. Pourquoi il faudrait une coupe gigantesque sur un podium immense devant des milliers de personnes pour être satisfait ? Pourquoi il faudrait gagner une course, s’écrouler derrière la ligne, et avoir souffert pour être satisfait ?

                   Je passe la ligne en sautant. Je suis super content. Aujourd’hui, j’ai fais une course parfaite. Le terme a l’air fort, mais c’est exactement ça : parfaite. Je sais que c’est juste le Championnat de Bretagne, qu’il manquait peut-être quelque uns des meilleurs et que certains auraient pu faire beaucoup mieux. Je sais aussi que j’aurais pu mieux m’entrainer, que j’aurais pu gagner du temps sur la course, qu’on peut toujours mieux faire, etc. Mais je maintiens : c’était une course parfaite.

    Dans le sport, on a tendance à considérer que la perfection correspond au mieux du mieux, quand il n’y a aucun défaut. Parce que le propre de la perfection c’est qu’on ne peut pas avoir mieux. Mais cette définition là, et bien... elle est triste... Si on respecte cette définition, on doit considérer que le sport c’est un sujet sérieux, qu’à force de travail on arrive à quelque chose de bien et qu’on doit toujours viser mieux parce que c’est comme ça que ça fonctionne. On doit être fataliste : la perfection, par définition, est inatteignable.

    Et pourquoi ça ? Pourquoi il y aurait une sorte d’interdiction sur la perfection ? Pourquoi est-ce qu’une course parfaite doit rester inatteignable parce que c’est la réalité des choses ? C’est désolant... Je maintiens toujours : cette course était parfaite. Personnellement, je ne fais pas du sport pour travailler, pour avoir des objectifs, pour souffrir. Je ne fais pas du sport pour mériter des choses, pour gagner des courses, pour viser le meilleur. Si je fais du sport, c’est pour être heureux. C’est tout bête, mais je n’ai pas envie de faire du sport pour perdre, pour souffrir, pour être déçu, pour avoir tout un tas de sentiments négatifs. J’ai envie que le sport ne me fasse que du bien, tout le temps. J’ai envie que le sport soit à 100% positif en chaque instant. Je ne veux pas qu’il y ait d’équilibre entre le bon et le mauvais. Je veux qu’il n’y ait que du bon. J’ai envie de profiter du seul domaine de la vie où on a le contrôle sur tout. Alors du coup, j’adapte mes définitions. Et notamment celle de la perfection.

    « Parfait », pour moi, c’est quand ça n’a pas besoin de plus pour être satisfaisant. Pas besoin que ça soit extravagant, que ça réunisse plein de monde, que ça fasse du bruit et que ça en jette plein la vue. Même pas besoin que ça soit visible. Cette course était parfaite parce qu’elle m’a suffit. Parce qu’on peut aussi associer la perfection au calme, à la tranquillité, au silence... Oui, j’ai envie de progresser et j’adore la performance. Oui, j’aime la compétition et le fait de courir avec les autres. Oui, j’adore me donner au maximum. Mais aujourd’hui, à Priziac, dans le contexte actuel, j’ai ce qu’il me faut. Je trouve dommage qu’on ne puisse jamais atteindre la perfection. Mais comme j’ai envie d’être content, bah moi je m’accorde le droit de faire des courses parfaites. Aujourd’hui, j’en ai fait une. Si je n’ai eu que très peu de pensées avant et pendant la course, c’est parce que tout allait bien. Je voulais bien manger et boire, et je l’ai fait. J’avais un schéma global de course et je l’ai appliqué. J’avais envie de profiter et je l’ai fait. Est-ce que ça serait plus intelligent et modeste de dire que oui, j’aurais pu faire mieux, que je reviendrais plus fort, que je vais m’entrainer encore plus sérieusement ? Oui, ça serait sûrement plus modeste, mais ça serait complètement faux...

    Je n’aurais pas pu mieux faire, je suis super content de moi, c’était une course parfaite. De mon point de vue, j’ai gagné la course.

    J’ai donné ma propre définition de la perfection. Je ne la base sur aucune preuve, je n’ai qu’un mince vécu, et je l’ai écrite rapidement. Elle est donc sans aucun doute très discutable voire complètement fausse. Mais néanmoins, ma définition permet une petite chose : que tout le monde puisse gagner une course. Alors, en ce qui me concerne, je n’espère pas gagner d’autres courses cette saison. J’ai hâte d’en gagner.

     

    La même photo, mais maintenant vous savez ce que j'avais dans la tête à ce moment...

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 3 Juin 2015 à 19:16

    Eh bien, toujours autant de plaisir à te lire. D'autant que comme toi, je prenais énormément de plaisir à participer, connu pour mon sourire permanent, mes échanges avec les bénévoles... Et même pendant de longs moments de détresse (très relative) sur Ironman notamment...

    Une seule différence : moi, le premier, deuxième, voire xxxxxxxxxème, sûr, je ne le voyais pas devant moi... Ah si, j'oubliais : des fois, à la buvette ou à la remise des récompenses ;-) !

    2
    Erwann
    Mercredi 3 Juin 2015 à 21:02

    Très modestement, je comprends très bien ton sentiment. Mes meilleurs chronos ne m'ont pas toujours apporté la satisfaction attendue. Mais d'autres épreuves laissent une sensation d'harmonie. De réussir à produire une performance qui ne se fasse pas au détriment de tout le reste, y compris de son plaisir. Je te félicite de vivre ta passion sportive de cette manière.

    3
    Thierry
    Mercredi 3 Juin 2015 à 21:54

    Heureux de te lire,


    j'étais à côté de toi au depart, tu bondissais sur la plage,  heureux d'en découdre alors que nous étions tous un peu stressé devant le programme. Et puis Tu es parti comme une flèche. Chapeau l'artiste.


    bravo pour ta performance et aussi merci de partager ta vision saine de notre sport


     


    thierry


    saint gregoire triathlon 

    4
    RV
    Samedi 13 Juin 2015 à 18:56

    J'ai passé un bon moment à te lire. Tu m'as mis de bonne humeur pour le reste de la journée. Je comprends maintenant pourquoi tu souris si souvent (Il ne s'agit donc pas de rictus de souffrance !). 

    Continues dans cet état d'esprit, cela nous rassure (nous, les moins jeunes...) sur l'avenir de la génération montante.

    Merci Colin

    Hervé

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