• CR - Duathlon par équipes de Pontivy 2015

    Initialement dans la famille on est cinq. Y’a moi, ma femme, et mes trois fils. C’est vrai qu’au début j’étais un peu déçu de ne pas avoir de fille mais bon, faut reconnaître qu’on s’entend bien avec les gars. Avec ma femme en revanche, c’est un peu plus compliqué. Disons qu’on vit chacun de son côté. Du coup les week-ends c’est moi qui m’occupe des trois lascars. Eux comme moi, on avait envie de faire le Duathlon de Pontivy par équipe depuis déjà l’année dernière. Il y a quelques semaines, lors d’un entrainement de natation, on s’est mis d’accord et puis on a finalisé tout ça plus tard...

    Initialement dans la famille on est cinq. Y’a moi, ma femme, et mes trois fils. C’est vrai qu’au début j’étais un peu déçu de ne pas avoir de fille mais bon, faut reconnaître qu’on s’entend bien avec les gars. Avec ma femme en revanche, c’est un peu plus compliqué. Disons qu’on vit chacun de son côté. Du coup les week-ends c’est moi qui m’occupe des trois lascars. Eux comme moi, on avait envie de faire le Duathlon de Pontivy par équipe depuis déjà l’année dernière. Il y a quelques semaines, lors d’un entrainement de natation, on s’est mis d’accord et puis on a finalisé tout ça plus tard. J’aurais bien voulu qu’on répète tous les 4 ensemble, au moins une fois, mais c’est vrai que c’est pas évident dans la semaine. Moi de mon côté, je suis à Brest pour le boulot. Erwan, mon grand, il est aussi à Brest mais à l’autre bout de la ville. Manu, le deuxième, il est parti à Morlaix en Septembre dernier. Enfin le petit dernier, Adri, il est à Landivisiau.

    Mes deux grands sont plus des bébés maintenant, ils viennent avec leur propre voiture à Pontivy. On a prévu de se retrouver à midi, comme ça on a le temps de faire un tour de vélo de reconnaissance, et pourquoi pas un tour à pied aussi. On verra. Avec Adri, on attend sur le parking. Il est déjà 12h15 et évidemment, on attend les grands. A 12h20, Manu arrive enfin. On n’est pas du genre stressé dans la famille mais à chaque fois que Manu est compris dans une activité, on l’est tous. Bon, sauf Adri qui n’a pas conscience de ce que c’est : « être stressé ». Et voilà le petit Manu qui sort de sa voiture, grand sourire, l’air innocent. J’ai arrêté de m’énerver qu’il arrive en retard depuis des années. Avec sa mère, on avait bien compris qu’il serait comme ça toute sa vie. Erwan arrive avec lui mais c’est parce qu’il est venu avec Manu. Tout le monde est là, c’est déjà ça !

    Après avoir été chercher les dossards, j’essaye de leur faire un briefing. Et c’est pas de la tarte ! Entre Manu qui prête des T-shirt à d’autres équipes et Adri qui mange n’importe quoi, je dois gérer plusieurs fronts ! Mais finalement, on arrive à se mettre au clair sur ce qu’on va faire. Alors qu’on se pensait prêts, J-C, le grand père des loustics, veut prêter son vélo de tri à Erwan. Le gars accepte, bonne patte. Mais le temps de faire les réglages, de faire arrêter de manger Adri et surtout le temps que Manu se prépare, c’est trop tard pour une reco du parcours. Ca me gène un peu quand même. Je sais que pour Manu et Erwan ça change pas grand-chose mais pour le petit, c’est dommage. Parce qu’aujourd’hui, ça va être lui le moins costaud à priori alors s’il s’échauffe pas en plus… Histoire de tester le matériel, on va quand même faire un ou deux kilomètres. Je pars devant, parce que c’est quand même moi le père ici. Je roule pas très fort comme ça je peux surveiller les zozos. J’entends Erwan qui me suit à travers mon casque aéro. Je me retourne pour voir comment il est posé sur son vélo de prêt. Et là je me rends compte que les deux autres sont partis je ne sais où ! Je peste ! Du Manu, ça, j’en suis sûr ! C’est celui des trois qui est le plus content d’être indépendant ! Dès qu’il peut montrer que c’est un adulte, hop, il le fait ! Quel malin… Il a pris son frère avec lui en plus. Il sait bien que je ne vais rien dire. Non pas que j’excuse le petit mais vu qu’il va en baver pendant la course, je ne vais pas en plus l’engueuler…

    Nous réunissant de nouveau, on rentre dans le parc à vélo pour déposer les affaires. Et finalement j’engueule personne. Je m’emporte souvent contre Manu mais bon, c’est vrai qu’il est indépendant. Je le vois encore gamin, c’est pour ça. On s’installe, on finalise ce qu’il y a à finaliser et puis on attend. Comme on part dans les derniers, on a 1h30 à attendre sans rien faire. On retourne donc à la voiture nous isoler un peu. Erwan, un peu inquiet, me demande quelle tactique on va adopter. Je m’adresse donc à mes 3 marioles pour leur expliquer un plan improvisé selon la forme de chacun. L’objectif n’est pas très défini. En revanche, la manière l’est, elle : Sur le premier 5km, je vais partir devant pour donner le bon tempo pour ne pas qu’Adri s’enflamme. Après 1km de train, on mettra sûrement Manu devant jusqu’au parc à vélo car c’est le plus régulier des trois. Ensuite, au début du vélo, Manu et moi allons gérer la première côte pour ne pas qu’Adri s’enflamme là encore. Pour ce qui est des relais, on se parlera pour savoir qui se sent bien ou non. Enfin, pour la dernière course à pied, on devra en lâcher un. Ca par contre, je ne leur ai pas dit. On sait que ça va se jouer entre Adri et Erwan. Mais ni l’un ni l’autre n’est prêt à l’entendre. Erwan parce que c’est la première fois qu’il court avec nous, Adri parce qu’il est plein de bonne volonté. Toujours est il que les gars ont l’air d’accepter mon petit plan de course. Toujours en attendant notre départ, on papote de tout et de rien. On regarde un peu les autres équipes.

     

                Et puis vient notre tour. Nous nous mettons dans l’air d’attente où se trouve le speaker. Comme je le connais bien, il vient vers moi et me demande de présenter ma petite famille. Pour détendre un peu l’atmosphère, je raconte deux ou trois bêtises. Du coin de l’œil, je devine que Manu et Adri sont plutôt confiants mais qu’Erwan doute un peu. Espérons qu’il soit à l’aise sur la première course à pied. Ca lui redonnera confiance. « Une minute ! » nous annonce le starter. Alors nous avançons pour arriver juste derrière la ligne de départ. Aussitôt, une photographe vient se poster devant nous et braque son appareil. On n’a pas besoin de se regarder pour savoir ce qu’il faut faire. Dans la famille, photo rime avec déconnade ! Le cliché fini, nous entendons « Trente secondes ! ». Toujours dans l’esprit familial, Adri et moi mettons les mains par terre, comme un sprinter dans les starting-blocks. Plus que quelques secondes…

                « Pan ! ». Comme prévu, je pars devant et regarde aussitôt ma montre pour contrôler ma vitesse de course. Et comme prévu également, Adri commence à parler, à dire n’importe quoi, à poser des questions. Manu et Erwan ne disent rien eux. Ils ont l’air facile. Alors je les laisse tranquille et m’occupe du petit. Nous courrons très serrés tous les 4, croisant de temps à autre des familles adverses. Mais nous essayons de nous soucier seulement de ce qui se passe dans chez nous. Et il y a matière à ! Au passage du premier kilomètre, la montre affiche « 3’40 », ce qui est trop rapide pour Adri. Sauf que lui se sent bien. Je ne sais pas trop quoi penser. Il progresse bien ce petit mais à ce rythme là, on va exploser son record du 5km de plus d’une minute. Mais je décide de lui faire un peu confiance et de continuer au même rythme.

                Encore 3’40 pour le deuxième kilomètre. Manu et Erwan sont OK mais pas Adri. Il ne le dit pas, mais il a du mal. Je le connais, le gaillard : quand il se penche en avant, tire une grimace, attaque du talon et baisse la fréquence, c’est qu’il est pas au mieux. Alors je commence à lui donner des conseils. Je lui dis que le sport c’est facile, que c’est pas de la vrai douleur, de regarder au loin, de sourire, etc. Mais la vitesse chute inexorablement. 4’05 pour le 3ème kilomètre. C’est trop lent. Surtout qu’il reste 2km et que je suis prêt à parier qu’Adri va encore ralentir. Je le pousse un peu, mais il n’aime pas trop alors j’arrête et repars dans les conseils. Je luis dis de raccourcir la foulée, de souffler et pas d’inspirer, de penser au vélo… Et je lui dis de se taire aussi. Car il n’arrête pas ! Plus il ralenti, plus il parle ! « Je suis cuit ! », « Attends ! Attends ! », « J’ai mal ! », « C’est dur ! », etc, etc… Combien de fois on s’est pas battu avec lui, sa mère et moi, quand on l’emmenait se promener en vacances. C’était pareil ! Il était fatigué, c’était trop long et il voulait qu’on le porte… Depuis ses 13-14 ans, j’ai à peu près réussi à le mettre au triathlon mais on peut pas dire que ça soit un bourreau de travail !...

    De conseils en conseil, nous arrivons au terme du quatrième kilomètre, effectué en 4’12. Ce n’est pas assez rapide. 30m devant, Manu et Erwan ont gardé le même rythme qu’au début. Ca me rassure un peu de savoir qu’ils seront bien sur le vélo. Mais je reviens vite sur Adri. Etant donné qu’il ralenti en parlant de plus en plus, je deviens moins gentil. Je lui dis que s’il parle comme ça, c’est qu’il peut accélérer, qu’il baisse les bras, que la fin est proche. Un peu excédé par son défaitisme, je me mets 5m devant et lui dit que je ne changerai pas ma vitesse. Et le revoilà qui parle, qui se plaint… Alors, tout en bougonnant, je reviens en arrière pour le pousser jusqu’au parc à vélo. Ce qui est plutôt efficace ! Nous revenons même sur mes deux grands ! Le parc à vélo n’est plus qu’à une centaine de mètres. Je lâche Adri et commence à me concentrer pour la partie vélo. Le cinquième kilomètre a été effectué en 4’03. Pas mal du tout. On a réussi à maintenir la vitesse, c’est le principal.

                Après une transition assez rapide, nous montons sur les vélos. A peine les chaussures enclenchées, j’anticipe le comportement de mes marmots que je ne connais que trop bien : « On s’attend ! On ne fait rien tant qu’on est pas réunit tous les quatre ! ». Et du coup, nous nous retrouvons bien calés dans les roues, tandis que la première côte se dessine au loin. Je souris et me dit qu’on est sur la bonne voie. 20km comme ça et on ça sera parfait ! En plus, ils ont l’air en forme ! Plus qu’à prendre des relais gentiment et attendre la fin de la partie vélo…

     

                « Mais qu’est-ce que tu fous Adri ?!! ». Dans la première côté, après même pas 2km de vélo, Adri, qui est pourtant complètement cuit par la course à pied, se décale, prend le vent de face et accélère. Et il fait tout ça en me disant qu’il n’en peut plus. « Bah si t’es cuit pourquoi tu prends le vent bougre de saligaud ?!! ». Je suis pas un père excessif, enfin je ne crois pas, mais quand Adri commence à faire son benêt, ça m’énerve rapidement ! Et je sais bien que c’est parce qu’il a la flemme de réfléchir ! Mais il se replace aussitôt dans ma roue, car il m’écoute un peu. Ce qui n’est pas le cas de Manu. Celui-là, il est à l’Ouest je crois bien ! « Manu, t’es à quinze bornes des roues !! Reviens !! ». Je me laisse glisser jusqu’à son niveau et lui mets une petite poussette pour le rapprocher d’Adri. Puis je me tourne vers Erwan. « Ca va ? », « Oui, oui. Très bien. ». Super. Je reviens vers les deux arsouilles : « Bon, Manu tu vas devant et tu te mets à un seuil régulier jusqu’à la fin de la côté, ok ? ». Le gars acquiesce et se place devant. Après deux, trois engueulades d’Adri pour qu’il reste sans bouger dans la roue de Manu, je m’écarte un peu des trois et regarde l’allure générale : C’est pourri. Erwan est trop loin des roues, Adri a 30 de cadence et tire une sale tête, Manu va un peu trop vite. Mais je ne pense pas qu’il faille ralentir alors je pousse Adri, l’engueule, puis pousse Erwan. La position à l’air à peu près stable. Ouf ! 4km de parcourus et enfin ça fonctionne ! J’en viens même à me projeter sur la 2ème course à pied…

     

                « Manu !! Pédale !! T’es dans une course là !! ». Même pas 500m plus loin, dans un replat, Manu arrête tout simplement de pédaler. Tel un cyclo de 65 ans qui roule en groupe à 34 de moyenne le Dimanche matin. Il arrête ! Incroyable ! Et l’autre Adri qui du coup, le double à fond, et me lance : « Je suis mort ! », « Bah reste derrière alors si t’es cuit espèce de couillon !! ». Et en plus Erwan est un peu en arrière. Jusqu’au sommet de la côte, je passe mon temps à les engueuler et à ramener Erwan dans les roues. Et pour mon plus grand soulagement, la descente arrive enfin ! J’annonce le programme : « Les gars ! On prend des relais de 10 secondes, grand max dans la descente ! Quand on arrête un relais, on se décale vers la gauche et on se laisse glisser en dernier ! ». Les 3 font « oui » de la tête. Ah quand même. On va pouvoir rouler normalement.

                Mais la descente est pire que la montée. Manu prend son premier relais, se décale au bon moment, et puis rien : Adri ne passe pas devant, et Erwan est sorti de l’aspiration. Je tente de ramener mon grand sur les deux autres et là, Adri passe devant et tient 30 secondes à fond. Une fois Erwan recollé, je m’ajoute à Manu qui a commencé à engueuler Adri lui aussi. Je leur ré explique à tous le fonctionnement des relais courts puis me place en dernier pour contrôler la réalisation : Manu prend son relais. Ok. Adri prend son relais, se décale, se laisse glisser… Et se rabat juste devant moi, manquant de me mettre dans le fossé : « Oh ! Adri ?!! En dernier !! ». Et lui, insolant, qui me dit « Oui, je sais ! ». Quel chameau ! Enfin bon… Toujours est il que les relais prennent forme, bien qu’Erwan ait du mal à coller vraiment les roues. Je me dis que cette fois-ci, c’est bon. Ils ont compris comment tourner et vont pouvoir tenir la formation durant les 12km restants…

                Mais juste avant de finir le premier tour, c’est la panique. Un peu pour montrer que je suis un bon père, je l’avoue, je leur dit qu’on allait se regrouper bien proprement pour passer devant les spectateurs. Mais au moment clé, Adri pédale à fond devant tout le monde, moi je l’engueule, Manu ne pédale pas (car ça descend) et Erwan est lâché. Raté. Je baisse la tête et repars avec mes zouaves pour le second tour. Et de suite, je donne le ton : « Manu fait toute la côte devant au seuil ! Adri, si tu te sens mieux, tu prends des relais mais tu regardes si on suit derrière ! Erwan, tu restes planqué dans les roues et je te pousse si besoin ! ». Mais je sais très bien qu’ils vont encore faire n’importe quoi…

                Surprise : Ca fonctionne. Adri et Manu tournent gentiment devant pendant que je pousse Erwan de temps en temps. Rien à dir, hormis Manu qui arrête de pédaler quand ça descend. Encore une fois, je descends vers Erwan : « Ca va ? », « Oui, t’inquiète ! ». Je m’excuse. J’en fais un peu trop avec lui. Faut dire que c’est mon premier fils, et qu’en plus c’est sa première course en famille. Et sa première saison ! Ca fait que depuis Septembre qu’il s’est mis à s’entrainer avec nous. De suite, on avait vu qu’il s’intégrait bien. Tout l’hiver, il était content de s’amuser avec ses frères alors on lui a proposé de faire Pontivy avec nous. Et, tout placide qu’il est, il a accepté. En fait, on ne savait pas trop ce qu’il allait donner. On était même assez perplexe avec les deux petits. Mais finalement, à le voir là devant moi, je suis certain qu’on a eu raison de le prendre avec nous, au lieu de le laisser tout seul à la maison. Je crois d’ailleurs que ses frangins sont aussi contents que moi de l’avoir avec nous…

    La côte se déroule bien. Je retrouve le sourire et commence à les encourager. Il aura fallu 15 bornes pour les cadrer les zoziaux. Mais vient un moment un peu délicat. La course se joue sur les 3 meilleurs de la famille, et pas sur les 4. Comment Erwan m’a assuré qu’il se sentait très bien, je me dirige vers Adri : « Adri, ça te gène de te sacrifier ? ». L’autre ne veut pas me contredire, alors il acquiesce. Par conséquent, je lui dis de faire la dernière descente au taquet devant nous, comme ça Erwan et Manu pourront se reposer pour la dernière course à pied. Ca me fend un peu le cœur, mais c’est pour la bonne cause…

                Nous voyons désormais le parc à vélo. En posant les pieds par terre, nous sommes tous les quatre bien réunis. Tous ensemble, nous effectuons la dernière transition et sortons du parc. Ayant un peu oublié de penser à cette partie de la course, je pars un peu vite. Mais très vite, je me ravise. Car Adri ne se sent pas bien. Il a des crampes et ne court pas assez vite. Précipité par l’effort, je lui dis tant pis, c’est le jeu, il va lâcher. Le voilà donc qui ralenti. Rapidement, le bruit de ses pas s’éteint. D’un coup, je me sens un peu coupable. Pendant tout le vélo, ou presque, je n’ai fait que le rouspéter. Et même lors de la première course à pied je n’ai pas arrêté de lui dire qu’il baissait les bras. Je me sens faible. N’ai-je pas été trop dur ? C’est vrai qu’avec 3 fils à gérer, c’est pas évident de tenir compte des sentiments de chacun. On fait au mieux, évidemment, mais est-ce que ça suffit ? Je me retourne mais ne le voit pas. Cela m’attriste. Mon dernier qui est tout seul, lâché par son père et ses frères sans même un « merci ». Ca serait idiot de revenir en arrière. Alors nous continuons, en silence. Voulant me changer les idées, je regarde les deux gars qui me restent. Erwan, dans la même discrétion qu’il tient depuis le départ, court sans rien dire dans les pieds de Manu. Ce dernier à d’ailleurs l’air de souffrir un peu plus. Il ne dit rien mais sa tête parle à sa place. En même temps, ça peut être trompeur avec lui. Car c’est vrai que j’ai jamais vraiment su le cerner, celui-là. Tout petit, il était déjà comme ça et en grandissant, ça c’est confirmé : toujours blagueur, jamais vraiment sérieux, mais impliqué quand même. Avec sa mère, ça nous perturbait un peu parce qu’on le trouvait spécial, presque décalé. Et là c’est pareil : Depuis le début de la course, j’ai le sentiment qu’il s’en fiche. J’ai l’impression qu’il joue, qu’il est pas avec nous à 100%. Cependant, son visage ne blague pas, lui. Manu est à fond dedans, il est à fond dans ce que l’on fait tous les trois. Et ça me déroute de le remarquer. Alors que j’hésitais entre le pousser ou lui faire une petite remarque pour rigoler, je ne fais rien. Je le laisse courir devant. Et je laisse aussi Erwan courir dans ses pied. Tous les deux sont là, à souffrir un peu, mais ils se taisent. Et moi qui n’ose pas les aider, ou les embêter, je ne sais plus trop. J’ai passé la course à parler, à leur dire quoi faire. Peut-être que sur les 1800m qu’il nous reste, ils aimeraient bien être un peu tranquilles… Alors je reste derrière et me tait...

                A 500m de la ligne d’arrivée, nous commençons à voir du monde qui nous encourage. Mais aucun de nous trois ne relève. Erwan et Manu ne sont pas très loin du max, et moi je pense à autre chose. Je pense à ce que nous venons de faire. Est-ce que je n’aurais pas du être plus souple, ou plus compatissant ? Adri, je lui ai surtout dis qu’il faisait n’importe quoi. Manu, je ne lui ai presque pas adressé la parole. Et Erwan, je l’ai assailli de « Ca va ? » depuis le départ. A vouloir faire au mieux du mieux, est-ce que je n’en ai pas trop fait ? En passant la ligne, on apprend que l’on est 26ème. Est-ce que cela aurait changé grand-chose de faire 30ème ? Ou 50ème ? Dès lors que l’on se soit amusé du début à la fin ? Au ravitaillement d’arrivée, je regarde mes trois gaillards. Ils ont l’air content, alors je me dis que c’est le principal, qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à analyser. Mais malgré cela, je n’arrive pas à arrêter de cogiter. Des pensées me traversent l’esprit. Et une plus que les autres, en particulier : Est-ce que j’ai assez profité de tout ça ? Est-ce que j’ai vraiment pris tout le plaisir que j’aurais du prendre ? Mes fils, et bien je ne les ai que le week-end... Dès demain, ils vont retourner chez leur mère, et ça va continuer comme ça tout l’été : la semaine chacun de son côté, le week-end ensemble… Là, en les regardant rire tous les trois, je commence à me dire que cette histoire de Duathlon, cette histoire de compétition, ben c’est pas si important que ça en fait. En ce moment je suis avec mes fistons, et je me sens bien. Tous les 4, on en refera des courses, ça c’est sûr. Mais je crois que les prochaines fois, je ne leur dirai rien. Ou alors que des paroles douces... Parce que même si on fait n’importe quoi, ben c’est pas bien grave. Parce que même si on passe notre temps à se marrer, et ben c’est mieux que de finir sur un podium. Parce que même si fait une course, ben c’est pas forcément pour la gagner. Et surtout parce si on fait tout ça, tous les week-ends, chaque année, ben c’est pour une seule chose toute simple : être en famille.

                Merci mes gars.

     

    Le débrief' - Duathlon par équipes de Pontivy

     

    Moi dans l'ombre, mes zouaves dans la lumière...

     

    Le débrief' - Duathlon par équipes de Pontivy

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    Début du vélo, le calme avant la tempête...

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  • Commentaires

    1
    adrien
    Lundi 20 Avril 2015 à 19:44
    Tqt vieux
    2
    Lundi 20 Avril 2015 à 19:58

    Lol l'année prochaine c'est toi le papa ! ^^

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